The Wicked + The Divine, le comics intelligent et séduisant de cette fin d’année

Tous les 90 ans, douze divinités issues de différentes mythologies se réincarnent pour deux ans dans de jeunes individus beaux, talentueux et séduisants. L’action de The Wicked + the Divine prend place à notre époque où les douze dieux sont érigés au rang de pop stars.
Victimes de leur succès pour le moins éphémère, ils vont devoir s’approprier notre société tout en gardant le contrôle afin de ne pas faire (trop) de vagues.

Né de la rencontre de deux auteurs Kieron Gillen et Jamie McKelvie à qui l’on doit notamment l’excellent Young Avengers édité chez Marvel, The Wicked + the Divine a tous les airs de critique social posant un regard cru sur notre rapport avec la célébrité. Entre caprices de star et victimisation des fans à travers le buzz véhiculé par les médias, le fond du récit est assez juste et proche de la société que nous côtoyons.
Mais ce serait réducteur que de se limiter à cette unique facette du récit qui s’avère être nourri par des personnages hauts en couleur, extrêmement bien écrits, notamment la réincarnation de Lucifer, Lucie, au physique rappelant David Bowie version « Duke » ou encore Baal et Sakhmet hommages respectifs à Kanye West et Rihanna.

Tu passes toute ton adolescence à espérer être quelqu’un de spéciale. Et finalement, tu découvres que tu l’es. Mais tout à un prix.

À travers le regard de Laura, jolie métaphore de la jeunesse d’aujourd’hui, nous sommes invités à traverser le quotidien ces idoles Pop sur fond d’investigation et d’enquête policière. La musique, élément indispensable et indissociable du récit se fait ressentir à travers de nombreuses scènes, qu’il s’agisse de scènes pop façon concert de Lady Gaga ou encore d’impro underground réservée à une certaine élite. Le voyage à travers les péripéties de ces divinités rythmées par un excellent flow est un véritable plaisir.

The Wicked + The Divine

Si l’écriture est parfaitement maîtrisée, que dire du dessin de Jamie McKelvie qui parvient à nous faire décoller en produisant des scènes en parfaite osmose avec la trame principale. J’ai toujours le sentiment qu’une grande bande dessinée passe par un parfait équilibre entre le fond et la forme, que le dessin doit nourrir sans relâche le récit et inversement. Autant dire que cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti à ce point un tel sentiment d’immersion.

Dans moins de deux ans, ils seront tous morts.

Nous sommes loin, très loin des comics de super héros aux allures machistes (sans accusation, aucune), The Wicked + the Divine donne une place de premier choix au genre féminin avec des figures fortes et emblématiques à l’opposé des potiches que l’on nous sert habituellement. On navigue plus du côté des productions indépendantes de qualité comme Saga de Brian K. Vaughan et Fiona Staples sans oublier le monument American Gods de Neil Gaiman.

Véritable phénomène aux États-Unis (une adaptation en série TV est prévue), The Wicked + the Divine est un comics intelligent, séduisant et ô combien envoutant qu’il est indispensable de lire et qui ne vous laissera pas indifférent (sous peine de jugement dernier).

Avis de JustGeekIt 5 Stars (5 / 5)

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